L'histoire de Kolobok

Il était une fois un vieil homme et une vieille femme qui vivait dans un village reculé, au fin fond d’une forêt de bouleaux.

Un jour le vieil homme demanda à la vieille femme : « Grand-mère, va gratter le fond du sac de farine et essaie d’en retirer assez pour nous préparer un kolobok (petit pain).»

A l’aide d’une patte de poulet, la vieille femme partit gratter le fond du sac de farine et réussit à en amasser quelques poignées pour cuire un petit pain que l’on nomme kolobok au fin fond de cette forêt russe.

La vieille commença alors à malaxer la farine avec de la crème aigre. Elle fit frire ensuite le tout dans du beurre et laissa la pâte sur le rebord de la fenêtre pour la laisser reposer.

Le kolobok resta ainsi pendant un bon moment quand soudain il bondit et commença à rouler. Il roula du rebord de la fenêtre au banc, du banc au sol et du sol à la porte.

Le kolobok sauta le seuil de la porte pour atterrir dans le hall, traversa le hall jusqu’au porche, roula dans le jardin, traversa tout le jardin avant de franchir le portail. Il continua sa course plus loin et plus loin encore.

Le kolobok roulait sur le chemin quand il rencontra un lièvre.

« Ah, kolobok, kolobok, je vais te manger maintenant» s’écria le lièvre.

« Ne me mange pas lièvre. Je vais te chanter une chanson” répondit kolobok:

« Je suis un kolobok, kolobok !

J’ai été gratté par une patte de poulet

Avec de la crème malaxé

Frit dans du beurre

Laissé sur le bord d’une fenêtre

Fait une bonne sieste

J’ai échappé au vieux

J’ai échappé à la vieille

Et je suis bien sûr de t’échapper aussi grandes oreilles. »

Le kolobok roula à toute vitesse sur le chemin, si bien que le lièvre n’eut que ses yeux pour le voir disparaître.

Tandis que kolobok filait sur le chemin, il rencontra un loup.

« Ah, kolobok, kolobok, je vais te croquer maintenant !» s’exclama le loup.
« Ne me croque pas loup gris. Je vais te chanter une chanson » répondit kolobok:

« Je suis un kolobok, kolobok !

J’ai été gratté par une patte de poulet

Avec de la crème malaxé

Frit dans du beurre

Laissé sur le bord d’une fenêtre

Fait une bonne sieste

J’ai échappé au vieux,

J’ai échappé à la vieille

Au lièvre aux grandes oreilles

Et je suis bien sûr de t’échapper aussi loup gris aux longues dents.»

Le kolobok fila à vive allure sur le chemin, si bien que le loup n’eut que ses yeux pour le voir disparaître.

Tandis que le kolobok continuait sa course, il rencontra un ours menaçant.

« Ah, kolobok, kolobok, je vais te boulotter maintenant » grogna l’ours.
« Ne me boulotte pas ours. Je vais te chanter une chanson » répondit kolobok:

« Je suis un kolobok, kolobok !

J’ai été gratté par une patte de poulet

Avec de la crème malaxé

Frit dans du beurre

Laissé sur le bord d’une fenêtre

Fait une bonne sieste

J’ai échappé au vieux

J’ai échappé à la vieille

Au lièvre aux grandes oreilles

Au loup gris aux longues dents

Et je t’échapperai aussi ours menaçant.»

Le kolobok roula à toute vitesse sur le chemin, si bien que l’ours n’eut que ses yeux pour le voir disparaître.

Tandis que le kolobok continuait sa course folle, il rencontra dame renard.

« Kolobok, kolobok, où vas-tu ? » interrogea dame renard avec malice.

« Je roule simplement sur le chemin » répondit kolobok.

« Chante moi ta chanson » demanda dame renard.

Et le kolobok entonna :

« Je suis un kolobok, kolobok !

J’ai été gratté par une patte de poulet

Avec de la crème malaxé

Frit dans du beurre

Laissé sur le bord d’une fenêtre

Fait une bonne sieste

J’ai échappé au vieux

J’ai échappé à la vieille

Au lièvre aux grandes oreilles

Au loup gris aux longues dents

A l’ours velu menaçant

Et je t’échapperai aussi dame renard aux dents pointues.»

Dame renard répondit:

« Quelle jolie chanson se doit être. Mais tu sais, je suis un peu dur d’oreille. Kolobok, sois gentil, vient t’asseoir sur mon nez et chante ta chanson une fois encore, un peu plus fort. »

Le kolobok bondit sur le nez du renard et chanta un peu plus fort sa chanson.

Dame renard reprit :

« Kolobok, sois gentil, vient te poser sur ma langue et chante encore une fois ta jolie chanson.»

Le kolobok bondit sur la langue de dame renard et – gloups ! – elle n’en fit qu’une bouchée.

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